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01
Giselle Martino
Italie
Je ne m’attendais pas à ça. À devenir une migrante, je veux dire. Pas dans le sens exploité du terme. J’étais toujours attirée par le vol des hirondelles qui traversent le ciel en quête de printemps. Quand il s’agit des oiseaux, migrer est un concept naturel. J’ai toujours voulu voyager. Ma nature curieuse et naïve m’a accompagnée jusqu’ici en avion, facilement, sans autre effort que de dire adieu aux lieux de ma naissance. Je me souviens de la peur : la peur de devoir m’exprimer dans une autre langue, la peur de ne pas comprendre, de ne pas me faire comprendre. J’ai rempli une valise avec les livres, l’autre avec toute sorte de chaussures, je ne connaissais pas l’hiver, et je ne connaissais pas encore la suite de mon histoire.
En 2017, je n’ai pas choisi de migrer, j’ai juste choisi de partir, d’agrandir mes horizons, d’explorer un monde plus vaste, de remplir mes yeux des nouvelles nuances. J’ai vécu le statu implicite et le visa fermé. Je peux juste dire que je suis reconnaissante, parce qu’on ne peut pas nommer ce qui fait mal.
En 2020, j’ai rempli mon sac à dos et j’ai fait retour en Europe pour parcourir à pied le chemin de Compostelle, encore en quête de beauté, de nuances, de printemps. Soudain, c’était la pandémie. Les frontières sont fermées. Après plusieurs péripéties, je débarque à Paris. Là-bas, j’ai vécu la violence partout : au travail, à l’hôpital, chez moi. J’ai vécu aussi la fraternité des inconnus qui m’ont aidé sans rien demander, je parle de la fraternité arabe.
En 2023 je rentre au Québec.
J’étudie à l’université maintenant. Je me ressens comme un frelon, capable de voler malgré son poids. On arrive loin quand on est déracinés, parce qu’on n’a plus grande chose à perdre.
02
Karima K.
France

L’étranger a toujours fait partie de ma vie. Je suis issue d’un couple mixte et les contextes interculturels n’avaient rien d’exotiques pour moi. Quoi que je fusse souvent dans le questionnement de mon identité, sur ce qui faisait de moi une Française.

Après une première expérience d’expatriation en Italie et en Angleterre, je sentais que j’arrivais aussi loin que mes capacités me portaient. Je stagnais professionnellement et la clef de voûte de notre vie, celle qui finance nos rêves et nos projets, restait l’argent. Je décidais donc de quitter la France, cette fois-ci pour un PVT d’un an en 2010. Je me payais même le luxe d’envoyer un dossier incomplet à une époque où tout était encore en format papier et expédié par la poste.

Tout comme mon père qui traversa la méditerranée 50 ans plus tôt, j’ai pris l’avion pour Montréal. S’il découvrait pour la première fois des bâtisses de plus de deux étages, les spaghettis et la langue française, je n’étais pas totalement étrangère au Québec, mon frère y ayant aussi vécu.

Lorsque l’avion survola Montréal, je découvris un quadrillage austère et froid. Je m’étais dit en moi-même, qu’il ne s’agissait que d’une parenthèse d’un an pour acquérir des compétences et que je repartirai à la fin du visa.

La vie en France n’avait pas épargné mes efforts pour étudier ou trouver un travail décent. Mes lendemains étaient toujours incertains. Et mon origine pouvait parfois jouer contre moi.

C’est au Québec que j’ai appris à avoir confiance en l’avenir. En cours de séjour, j’avais déménagé trois fois et occupé plusieurs d’emploi. Pourtant, je goûtais enfin à la véritable insouciance.

Je profitais d’une journée de printemps sur le boulevard sainte Catherine avec mes deux nouvelles colocataires. Deux semaines auparavant, je n’avais pas de travail, pas d’appartement, mais la panique ne m’avait pas pris à la gorge comme j’en avais l’habitude dans mon pays d’origine.

À mon départ de Montréal, je décidai que cette ville avait encore beaucoup à m’offrir.

03

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